
La revalorisation d'un bassin piscicole traditionnel à
Bandial
Localisation du projet :
Bassin piscicole à Bandial, village situé au milieu
de la zone mangrovienne en Casamance, région méridionale
du Sénégal. Bandial est entouré de forets de
palétuviers et coupé des terres fermes du Royaume Mov
Effi par des bolons serpentant à travers l'espace étendu
des zones humides. Ces multiples bras du fleuve Casamance rendent
l'accès au village très difficile. La route praticable
s'arrête à 1,5 km du village et la plus grande partie du
transit se fait par moyens fluviaux.
Selon le recensement de 1988 (RGPH : 1988) l'effectif du village
de Bandial est :
| concession |
ménages |
masculin |
féminin |
ensemble |
| 14 |
76 |
242 |
224 |
466 |
Objectifs
L'objectif principal est « l'amélioration
des récoltes piscicoles dans les bassins traditionnels
» guidé par les objectifs secondaires
suivants :
- adaptation des nouvelles techniques de gestion hydraulique
- maîtriser les interventions anthropiques dans
l'écosystème des zones humides
- incitation à un meilleur entretien des digues de
rizières
- essais d'une pisciculture appropriée et
contrôlée
- augmentation de la sécurité alimentaire par
la production in situ d'un aliment riche en protéines
- adaptation des techniques agricoles aux actuelles conditions
climatiques
Résumé :
Les rizières de bas-fonds se situent dans une zone de mangrove
qui, à part le riz, fournit avec l'estuaire adjoint, les
principaux produits nécessaires à survivre dans ce
biotope : poisson, huître, sel, bois. Les rizières sont
protégées contre les eaux salées du bolon
[estuaire] par des bassins traditionnels de pisciculture. Ses bassins
sont à leur tour protégés par une digue
périphérique d'une vingtaine de centimètres
au-dessus du niveau des plus hautes marées. Ces digues sont
traversées par des drains [tronc de palmier
évidé], généralement établis au pied
de la digue. Pendant la saison des pluies, les
drains sont tantôt fermés, tantôt ouverts. Cette
gestion
de l'eau a pour but principal de retenir l'eau douce et
d'empêcher l'entrée de l'eau salée. Ainsi, le
rôle principal
des bassins piscicoles est de protéger les rizières
contre
la salinité de l'eau du bolon. En même temps, les bassins
sont exploités. Durant la culture de riz, les drains sont
fermés et les crevettes et poissons piégés y
grandissent jusqu'au
fin de l'hivernage quand les bassins sont vidés. Le reste de
l'année, les drains sont maintenus ouverts. Les poissons qui
passent les drains
sont capturés avec des nasses placées à
l'entrée
du drain.
Le déficit pluviométrique et en conséquence la
baisse de la production rizicole ont entraîné un exode
rural et
une dégradation consécutive de l'entretien des digues.
Un système ancestral d'exploitation des bas-fonds risque ainsi
de disparaître et de renforcer l'exode rural.
L'écosystème
des bas-fonds laissé à l'abandon ne peut plus servir
comme
tampon de protection entre les zones humides avoisinantes et les terres
de plateau ce qui entraîne une dégradation
générale
de l'environnement.
Le projet envisage en premier lieu d'encourager les populations de
ces zones à réaménager les digues de protection.
L'incitation pour ce labour vient de l'amélioration de la plus
importante production de rente: la pisciculture. Une meilleure
gérance
hydraulique augmente non seulement la production piscicole, mais aussi
la production rizicole dans les rizières de bas-fonds. Ceci
nécessite
d'abord une organisation de la main-d'œuvre et donc social au niveau
villageois. La cohésion sociale est renforcée par une
exploitation transparente et équitable du bassin piscicole, dont
les rendements
sont partagés.
Nous avons entamé une intervention pilote dans le village de
Bandial, village typique des zones mangroviennes et dont les
résultats
doivent faciliter à long terme la propagation de ces techniques
de gestion des eaux et de poldérisation. Ainsi, les
aménagements hydrauliques du bassin sont adaptés et
rendus plus appropriés
pour faciliter leur gérance. Le bassin est vidé au
maximum
et empli à nouveau par des drains filtrés pour
empêcher
aux poissons du bolon d'entrer. Dès le début de
l'hivernage
les drains sont fermés et leur gérance fonctionne en tant
que trop-plein du bassin. Le bassin est peuplé par les
pêcheurs
villageois avec des alevins masculins de Tilapia et Mulets qui sont
pêchés dans le fleuve. Y sont ajoutés des petites
crevettes ou des œufs de celles-ci. Une petite cabane est construite
à coté du
bassin qui doit abriter une centaine de canards qui sont nourris par
les villageois. L'aliment pour les poissons vient de ces canards et des
sédiments des rizières avoisinantes et peut être
augmenté avec l'implantation de piquets en bambou (supports pour
la production d'algues) et par l'addition de branches de
palétuvier.
En profitant pleinement de la saison des pluies, une pisciculture
extensive avec des rendements qui peuvent satisfaire aux besoins des
populations est possible sans nuire à une exploitation
équitable des ressources naturelles des zones humides.
Justification et cadre :
Description de la région :
- Entre latitude 12º 20' et 13º et longitude 16º
et 16º 50', la région de Ziguinchor est la plus
méridionale du pays et correspond à l'emprise de la zone
écogéographique de la Basse Casamance depuis la
réforme administrative du 1er
juillet 1984. Elle est caractérisée par l'estuaire du
fleuve Casamance et couvre une superficie de 7 339 km², sa
population
est évaluée à 544 000 habitants en l'an 2000,
soit une densité moyenne de 74 hbts/km². La région
se présente comme un long couloir de 360 kilomètres
d'ouest
en est et de 100 kilomètres du nord au sud, limité
à
l'ouest par l'océan Atlantique, à l'est par le fleuve
Gambie, au sud par les frontières de Guinée-Bissau et
de Guinée Conakry et au nord par la Gambie. Le climat est de
type Soudano-guinéen : chaud, avec une température
moyenne
de 27°, et humide. La Casamance est la région la plus
arrosée
du Sénégal, avec une précipitation moyenne
à
Ziguinchor de 1 399,8 mm pendant l'époque 1918-2000. Dès
le début des années soixante-dix, la pluviométrie
annuelle a diminué d'une façon catastrophique. Dans la
période 1970-2000 la pluviométrie est descendue à
1 195 mm, ce qui est 32% plus basse que la pluviométrie moyenne
de 1 522 mm pendant l'époque 1918-1969. Une autre donnée
importante est que les années avec une précipitation plus
haute que 2 000 mm étaient assez fréquentes avant 1970,
tandis qu'après 1970, la pluviométrie maximale atteignit
seulement 1 512 mm, une réduction de 25%. Parallèlement,
la fréquence des années avec moins de 1 000 mm de pluie
a augmenté. Ces circonstances donnent moins de
possibilités à la nature de se recouvrir après une
période de sécheresse extrême. Actuellement nous
pouvons noter
une certaine hausse à partir de 1996 avec une moyenne de 1 426
mm.
L'évolution de la population au cours des
vingt-cinq dernières années [recensements de 1976, 1988
et données de 2000] montre une forte progression de la
population urbaine. Cette urbanisation accélérée
est liée à
l'émigration des ruraux en corrélation avec la crise
vivrière
et à l'installation des populations du Nord du pays. Il existe
un taux important de migration temporaire [entre 1 jour et 6 mois
d'absence]
d'hommes et de femmes à la recherche d'activités
rémunératrices qu'ils ne peuvent pas trouver au village.
| Département |
1992 |
2000 |
| Bignona |
209.587 |
221.672 |
| Oussouye |
44.658 |
48.801 |
| Ziguinchor |
237.189 |
273.414 |
| Région |
491.434 |
543.887 |
Source: MEFP : 1992 dans le Plan d'Action Forestière
de Ziguinchor, 1998 et Statistique Démographique : lettre #
07958/MEF/DPS
La région est à prédominance agricole
et la culture de riz est la plus pratiquée. L'agriculture,
l'élevage et la pêche ne représentent que 7,2% des
revenus monétaires dans le monde rural, mais jouent un
rôle primordial dans l'autoconsommation. La région compte
une faible activité industrielle. Les principales unités
industrielles sont implantées à
Ziguinchor : on compte une huilerie, trois unités de traitement
des crevettes, une usine de bois et un petit domaine industriel pour
la promotion de la petite entreprise. Le secteur informel est encore
caractérisé par une multitude de micro-entreprises
dispersées
et sous-équipées. Surtout pendant les dernières
années, la région connaît un exode rural explosif,
dû à l'opposition croissante entre l'armée
Nationale
et des forces indépendantistes du Mouvement des Forces
Démocratiques
de la Casamance [MFDC]. Les jeunes, envahissant la ville, ne peuvent
trouver de l'emploi et sont destinés à un chômage
sans futur. Cela empêche la ville de Ziguinchor
profondément de s'élever au rang de métropole
d'équilibre. Un
frein sur l'exode rural doit ramener un certain équilibre.
Le réseau hydrographique comprend un vaste estuaire
du fleuve Casamance, long de 300 km et ses affluents. On parle d'un
estuaire inverse avec des salinités qui montent en amont
[jusqu'à
160 pour mille]. Ceci est dû au fait que le fleuve Casamance a
un régime semi-permanant qui dure de juin à mars avec
un débit à quelque 200 km de l'embouchure de 2,3
m³/s.
L'apport en eau douce est trop petit pour le bassin drainé ce
qui, en combinaison avec une évaporation importante, fait
augmenter
la salinité. Sa largeur varie de 50 m à Dianah-Malari
jusqu'à 8 km à l'embouchure avec un resserrement à
Ziguinchor. La profondeur du chenal diminue de 20 m à 1,5 m.
Le bassin drainé comprend des grands sous-bassins [Baïla
: 1 645 km², Bignona : 750 km², Kamobeul : 700 km²,
Guidel
: 130 km² et Agnack : 133 km²] avec des volumes en eau
très
variables: de 60 à 280 millions de m³ / an. Le sol est
ferrugineux
et riche en matières organiques. L'agriculture y est très
développée mais reste tributaire de la
pluviométrie
qui est très inégale dans l'espace et souvent mal
répartie
dans le temps [RGPH : 88:6]. Ce milieu permet pourtant une
riziculture
en zones de mangrove datant de plusieurs siècles.
Différentes
formes de pêche y constituent une activité importante
et génératrice de revenus non négligeables, comme
d'ailleurs la cueillette [vin de palme, huîtres, sel, fruits
forestiers, et cetera]. La mangrove est fortement
dégradée suite aux mutilations faites aux
palétuviers par les récolteurs d'huîtres et
à la sursalure aggravée elle-même par le
déficit pluviométrique. Cette dégradation
qui est estimée à 1.500 ha/an se répercute
négativement sur les productions diverses de cet
écosystème, notamment de l'aire de développement
et de cueillette des huîtres, crevettes, poissons, et cetera.
Estimée à 150.000
ha au début des années 1980 dont 120.000 ha dans les
départements
de Bignona et de Ziguinchor, la superficie occupée par la
mangrove
a été réévaluée en 1993 à
70.000 ha dont 30.000 ha classés dans le département de
Bignona [PAFR/Z : 1998].
-
photo de l'estuaire Casamançais ( au milieu) et
Bissau-Guinéen en l'an 2002 (ESA)
-
les bas-fonds menacés
Depuis des siècles, la principale culture dans
les zones de mangrove est le riz. Les bassins situés en aval
des rizières jouent un double rôle saisonnier : [1]
maintenir
une réserve d'eau douce entre le bolon et les rizières
durant la période de la culture de riz, empêchant
l'intrusion
de l'eau saumâtre dans les rizières [2] maintenir un
niveau
d'eau dans les bassins, protégeant ainsi les fonds des bassins
en saison sèche contre l'acidification. En plus de cela, des
poissons y sont piégés et les bassins forment ainsi la
base
d'une aquaculture ancestrale. Un système de tuyauterie [fait
de tronc de rônier évidé] permet de contrôler
le mouvement de l'eau entre le bolon et les bassins. Les bassins sont
séparés des rizières par un canal de 2 à
4 m de large servant de tampon contre l'intrusion de l'eau
salée.
Les mouvements de l'eau entre les rizières et les bassins se
font par les tuyaux ou par ouverture et fermeture de la digue, si cela
s'avère nécessaire. Les produits pêchés dans
les bassins
et canaux [poissons, crabes, crevettes] apportent aux populations, des
protéines en complément du riz, la nourriture de base.
La protection des rizières contre une augmentation
de la salinité et l'acidification est optimale, tant que les
digues sont bien entretenues et la gérance d'eau est bien
organisée. Le résultat principal d'une bonne
gérance hydraulique
est une augmentation de la production des rizières de bas-fonds.
Depuis les dernières décennies, les récoltes de
ce système de production intégrée
[rizipisciculture]
ont connu un déclin dû [1*] à la réduction
des précipitations annuelles depuis 1970 et [2*] au manque
de main-d'œuvre villageois. Du fait de la sécheresse persistante
et la dégradation de la production de riz de mangrove, les
paysans
ont diversifié leurs activités [cultures de plateau] pour
combler les déficits vivriers. Par conséquent, moins
de temps est consacré aux cultures de bas-fonds. Ce manque de
temps s'aggrave en saison sèche, du fait de l'exode des jeunes
vers
les centres urbains à la recherche d'emploi. Les
possibilités de gagner de l'argent au village sont
négligeables. L'exploitation des bassins piscicoles n'a qu'une
faible valeur commerciale, ce qui
ne donne pas assez de motivation pour les familles à maintenir
les digues durant la saison sèche [quand il n'y a pas de
riziculture].
Par ce manque de bras, les digues se détériorent. Faute
de ressources monétaires au village, la location de main d'œuvre
est impossible et tout le système hydro-agricole tombe en
faillite.
Maintenant que la pluviométrie semble se remettre à la
normale, une reprise de ce système de production
intégrée [rizipisciculture] est opportune.
-
les populations
Au plan ethnique, les Diola sont largement majoritaires
[61%]. Les autres ethnies les plus représentées sont les
Mandingue et les Poular [9,3% et 8,8% respectivement]. Les villages
Diola sont grands [entre 500 et 7 000 habitants] et se
caractérisent
par une grande autonomie politique, économique et religieuse.
Ils sont endogames et les relations entre eux, limitées au
minimum,
sont souvent hostiles. L'enjeu étant le bétail, les
prisonniers de guerre [qui sont la plupart du temps troqués
contre
du bétail] et l'accès aux rizières [Roche,
1973:33+
; Pelissier, 1966:673+]. Ce passé caractérise, d'une
façon
ou autre, jusqu'aux nos jours les relations entre les villages.
La riziculture domine tout le calendrier agraire. Le riz
est uniquement utilisé pour l'autoconsommation. C'est seulement
après la récolte du riz qu'il y a le temps pour des
activités rémunératrices. Ceci est valable aussi
bien pour l'homme que pour la femme. En ce qui concerne les produits
halieutiques, la femme détient, depuis des siècles, toute
la filière de l'exploitation de l'huître et la
transformation des poissons, tandis que l'homme Diola s'est
lancé dans la pêche artisanale autour du village. La
pêche constitue aujourd'hui l'une des premières
activités économiques de la région. La pêche
en mer s'est développée avec l'arrivée de
pêcheurs venus du Nord : Sérères Niominka
[îles de Saloum], Guet-Ndariens [Saint-Louis] et Lébou
[Dakar]. Dans l'estuaire, la pêche s'est développée
à
la fin des années 40 et au début des années
50 avec l'arrivée de pêcheurs Toucouleurs et Walo-walo,
venu du fleuve Sénégal, qui introduisent l'usage des
filets dérivants et de la senne de plage. Leur arrivée
coïncide
avec le développement de l'industrie de transformation et de
commercialisation du poisson fumé. A partir de 1960 l'essor de
la pêche crevettière, grâce à l'installation
d'usines
de traitement à Ziguinchor, provoque l'arrivée de
nouveaux
pêcheurs Toucouleurs et la conversion de nombreux pêcheurs
de poissons à la pêche à la crevette [Le Reste,
L, et al.:1992]. La pisciculture dans les bassins reste une
activité réservée aux cultivateurs des
rizières.
-
le site ciblé et ses caractéristiques des zones
humides
Le village ciblé est Bandial. Les rizières
de bas-fonds de ce village se trouvent dans une zone de mangrove qui,
à part le riz, fournit, avec l'estuaire adjoint, les principaux
produits nécessaires à survivre dans ce milieu rural:
poisson, sel, bois. Les rizières sont protégées
contre les eaux salées du bolon [estuaire] par des bassins
traditionnels
de pisciculture. Ses bassins sont à leur tour
protégés
par une digue périphérique, haute d'une vingtaine de
centimètres au-dessus du niveau des plus hautes marées.
Ces digues sont traversées par des drains [tronc de palmier
évidé], généralement établis au pied
de la digue. Pendant la saison des pluies, les
drains sont fermés pour retenir l'eau douce et d'empêcher
l'entrée de l'eau salée. Ainsi, le rôle principal
des bassins piscicoles est de protéger les rizières
contre
la salinité du bolon. En même temps, les bassins sont
exploités. Durant la culture du riz, les drains sont
fermés
et les crevettes et poissons piégés y grandissent
jusqu'au
fin de l'hivernage quand les bassins sont vidés. Le reste de
l'année,
les drains sont maintenus ouverts. Les poissons qui passent sont
capturés
avec des nasses placées à l'entrée du drain.
Normalement on distingue des petits et des grands bassins
[Diallo, 1989]. Les petits bassins sont collés aux
rizières tenant la même forme que les rizières, et
sont séparés des mangroves et le bolon par un grand
bassin. Ces petits basins sont
en réalité des rizières abandonnées
à cause de la sécheresse et de la salinité. Quand
les pluies sont abondantes, les petits bassins sont de nouveau
transformés en rizières. Ainsi, les surfaces
cultivées varient selon la pluviométrie. La production de
riz est de 1 200 kg/ha/an.
Les principales espèces capturées dans
les bolons et les bassins traditionnels peuvent être
catégorisées dans les groupes tilapia sp. [ Tilapia
guineensis, Sarotherodon melanotheron] mugil sp. et arius sp. Ce
sont des espèces euryhalines qui migrent dès que possible
des eaux sursalées vers des eaux saumâtres ou même
douces. Quand la salinité monte, seulement les tilapias
survivent des salinités au-dessus de 80 pour mille La production
obtenue à la fin de la saison
des pluies dans les bassins traditionnels est en moyenne 355 kg ha -1
[référence du village de Djivente], ce qui est faible.
Pendant la saison sèche les drains des bassins, munis de nasses,
fonctionnent comme un piège à poisson. En fonction des
marées
l'eau entre ou sort du bassin et les nasses sont placées avec
l'ouverture face au courant. Les poissons sont petits [au-dessous de 12
cm] et destinés à l'autoconsommation. Bien que les
quantités capturées à chaque marée soient
très faibles [0.25 - 1.0 kg ] la totalité
piégée durant la saison sèche peut atteindre
50-150 kg par nasse. Les grands bassins ont dans la digue
périphérique des tuyaux munis de nasse tous les 80-120 m.
Jusqu'à nos jours, il n'existe aucune étude sur le
fonctionnement et les rendements des bassins traditionnels en saison
sèche.
Les résultats escomptés
Les espèces aptes à être empoissonnées
sont des post-larves de Penaeus notialis
(pêchés à l'intérieur et le long des
forêts de mangroves)
ainsi que des jeunes tilapias ( Sarotherodon melanotheron et
Tilapia guineensis ). La productivité
du bassin est favorisée par les eaux riches en nutriments venant
de ruissellement des rizières. L'eau des pluies doit abaisser
de beaucoup la salinité dans le bassin ce qui favorise la
croissance
des espèces ensemencées.
Le peuplement envisagé du bassin est 1/m² de Tilapia (de
préférence Sorotherodon melanotheron) et 0,5/m² de
mulets. Le rendement escompté après 6 mois est entre 1
000 et 1 500 kg/ha.
Une grande partie de la récolte est utilisée pour
l'autoconsommation tandis que les crevettes pêchées
peuvent être vendues.
Les activités
renforcement de la digue
pour augmenter la profondeur du bassin, la digue est
élevée et renforcée ce qui agrandi le volume d'eau
pour l'élevage et empêchent les oiseaux de vider le
bassin ;
réfection des aménagements hydrauliques
les drains de tronc de rônier évidé sont
remplacés par des tuyaux en PVC avec coude ;
pêche d'alevins
les alevins sont pêchés dans le fleuve avec des
éperviers avec maille 14 mm, ce que les pêcheurs font
d'habitude. Le projet fournit six (6) éperviers.
Désormais les tous petits avec un poids de 25 g et plus sont
stockés dans le bassin ;
empoissonnement du bassin avec des alevins et triage par sexe
les alevins de Tilapia pêchés dans le fleuve sont
triés par sexe. Seuls les males sont mis dans le bassin. Le
sexage ne peut
se faire à l'œil qu'à partir de 30 g. Les villageois
doivent participer au triage pour assurer la durabilité du
peuplement contrôlé ;
les alevins de mulets sont aussi pêchés dans le fleuve
et stocké dans le bassin. Puisqu'il n'y aura pas
d'activités de reproduction un sexage n'est pas
nécessaire ;
les œufs ou larves de crevettes sont pêchés dans le fleuve
et mis dans le bassin ;
gestion hydraulique
d'abord le bassin est vidé complètement et juste avant
les premiers pluies rempli à nouveau par un drain
protégé par un grillage pour empêcher aux poissons
d'entrer. Selon l'importance des pluies le niveau de l'eau dans le
bassin est réglé
pour éviter une trop grande pression sur la digue et de
maintenir
la bonne profondeur ;
aliment
il s'agit d'un élevage extensif, donc sans addition anthropique
d'aliment. Par contre, une partie des eaux pluviales passent par les
rizières avoisinantes et alimentent ainsi le bassin en
matières organiques. La production d'algues est
encouragée par l'implantation
de piquets de bambou. Un élevage associé avec volaille
doit non seulement fournir un important apport alimentaire mais aussi
une source de revenus non négligeable ;
élevage associé
le projet fournit une cinquantaine de canards, de poules pondeuses
ou un mixte de cette volaille. Durant les premiers mois un aliment sera
disponible après quoi les villageois doivent couvrir les frais
d'aliment avec la vente des œufs. Pour les canards une cabane est
construite
de matériaux locaux et pour les poules pondeuses un poulailler
surplombant le bassin ;
suivi, sensibilisation et formation
les animateurs collaborent étroitement avec les villageois
et donnent un appui/conseil durant la durée du projet. Ils
assistent les responsables à pêcher les alevins, faire le
triage
et gérer l'eau. La base de départ reste ancrée sur
les connaissances locales et ainsi toute intervention est
discutée préalablement avec les responsables villageois.
documentation, rapports
- prise périodique de la salinité, de la
pluviométrie et du niveau d'eau
- comptage de la biomasse stockée
- mesure de grossissement par échantillonnage de la
biomasse
- documentation de la production ovulaire (aliment, œufs)
- suivi de la production des algues
- documentation de la gérance hydraulique et entretien
général
- rapport mensuel d'activités