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** La Casamance : photo
satellite par Google
Présentation de la zone de projet par données historiques et socio-économiques
Les conditions socio-économiques de la région.
Entre latitude 12º 20’ et 13º et longitude 16º et 16º 50’, la région de Ziguinchor est la plus méridionale du pays et correspond à l'emprise de la zone écogéographique de la Basse Casamance depuis la réforme administrative du 1er juillet 1984. Elle est caractérisée par l’estuaire du fleuve Casamance et couvre une superficie de 7 339 km², sa population est de 437 986 habitants selon le recensement de 2002, soit une densité moyenne de 60 hbts/km². La région se présente comme un long couloir de 360 kilomètres d’ouest en est et de 100 kilomètres du nord au sud, limité à l’ouest par l’océan Atlantique, à l’est par le fleuve Gambie, au sud par les frontières de Guinée-Bissau et de Guinée Conakry et au nord par la Gambie. Au plan de l’organisation administrative, la région de Ziguinchor comprend 3 départements : Bignona, Oussouye et Ziguinchor ; les 4 communes de Ziguinchor, Bignona, Thionck-Essyl et Oussouye, 8 arrondissements, 25 communautés rurales et 502 villages[1].
Le
climat est de type Soudano-guinéen : chaud, avec une
température moyenne de 27°, et humide. La Casamance est la
région la
plus
arrosée du Sénégal, avec une précipitation
moyenne à Ziguinchor de 1
390,4 mm
pendant l’époque 1918-2003. Le climat présente un cycle
saisonnier très
contrasté avec une longue saison sèche à laquelle
succède une courte
saison
pluvieuse, plus de la moitié des précipitations se
concentrant entre
juillet et
septembre. En outre, les normales pluviométriques accusent une
nette
régression, passant de 1 522 mm en 1918-69 à 1 189,5 mm
en 1970-2003.
Cette
baisse de pluviosité est l’un des principaux facteurs de
dégradation du
paysage
en Casamance et de l’appauvrissement de la biodiversité. Cette
situation est
aggravée par le fait que les années avec une haute
pluviosité (plus de
2 000
mm) étaient assez fréquentes avant 1970 et non existantes
après.
Parallèlement,
la fréquence des années avec moins de 1 000 mm de pluie a
augmenté. Ces
circonstances donnent moins de possibilités à la nature
de se recouvrir
après
une période de sécheresse extrême. Actuellement
nous pouvons constater
une
certaine hausse à partir de 1996 avec une moyenne de 1 364,5 mm,
mais
l’année catastrophique
2002 avec 795,8 mm a fortement fait plonger cette moyenne.
La zone est soumise à trois types de vents :
• l’alizé maritime, relativement frais, de direction NNW; son pouvoir hygrométrique est très faible;
• l’alizé continental ou harmattan, vent chaud et sec qui souffle en saison sèche; son pouvoir hygrométrique est quasi nul;
• la mousson qui après avoir effectué un long parcours océanique, arrive sur le continent avec une humidité élevée de l’air qui apporte la pluie[2].
La région est à prédominance agricole. La culture de riz indigène est la plus pratiquée. Bien que la variété de riz africaine, Oryza glaberrima Steud soit originaire de l'Afrique de l'Ouest, une riziculture substantielle n'a commencé au Sénégal qu'après l'introduction du riz asiatique (O. sativa L.), probablement vers le XVIe siècle[3]. On distingue la culture de riz dit ‘de montagne’ sur les terres de plateau et les rizières de bas-fonds, longeant les bolons et les mangroves. Comme la culture de riz, une sorte d’aquaculture extensive dans les bassins longeant les rizières est une activité ancestrale. Cette pisciculture reste une activité réservée aux cultivateurs des rizières. L’agriculture, l’élevage et la pêche ne représentent que 7,2% des revenus monétaires dans le monde rural, mais jouent un rôle primordial dans l’autoconsommation.
Les ressources ligneuses sont dominées par la mangrove (70 000 ha), la palmeraie (50 000 ha) et la rôneraie. La région compte trente forêts naturelles classées, dont les plus anciennes datent de 1930, couvrant une superficie de 116 776 ha. Des plantations artificielles en régie ont été faites au niveau des forêts classées de Diégoune, Boutolatte et Kalounayes dans le département de Bignona de Bissine et Bayottes dans le département de Ziguinchor. L’ensemble des plantations artificielles couvrent une superficie de 4 200 ha dont 2 200 de Teck et 2 000 ha de Gmélina.
Le potentiel en produits halieutiques de la pêche continentale est évalué à 100 tonnes/an par kilomètre côtier (Charles-Dominique : 1994). Les débarquements moyens annuels de 1988 à 1992 s’élèvent à 1 650 tonnes de crevettes, 7 428 tonnes de poissons lagunaires, 4 004 tonnes de poissons marins, 1 000 tonnes d’huîtres et 10 tonnes de crabes (cf. Diouf PS et al.; 1991 )
L’évolution
de la population
au cours des vingt-cinq dernières années (recensements de
1976, 1998 et
2002)
montre une forte progression de la population urbaine. Cette
urbanisation
accélérée est liée à
l’émigration des ruraux en corrélation avec la
crise
vivrière et aussi à l’installation de populations venues
du Nord. Il
existe un
taux important de migration temporaire (entre 1 jour et 6 mois
d’absence). Elle
est de 13% dans le monde rural du Département de Oussouye et de
9% dans
le
monde rural du Département de Bignona. La région a une
migration nette
(solde
migratoire = immigrants - émigrants) largement négative
(de 27 030
personnes).
La région était répulsive pour 78 238 personnes en
1988 (RGPH : 88).
|
Commune |
1998 |
2002 |
|
Bignona |
22 237 |
33 492 |
|
Oussouye |
3 849 |
4 052 |
|
Ziguinchor |
124 283 |
153 269 |
|
Total urbain |
150 369 |
190 813 |
Source : Recensement général de 1998 et de 2002
|
Département |
1992 |
2000 |
2002 |
2004 |
|
Bignona |
209 587 |
221 672 |
220 104 |
205 164 |
|
Oussouye |
44 658 |
48 801 |
35 429 |
38 791 |
|
Ziguinchor |
237 189 |
273 414 |
182 453 |
200 695 |
|
Région |
491 434 |
543 887 |
437 986 |
444 650 |
Source: MEFP : 1992 dans le Plan d'Action Forestière de Ziguinchor, 1998 et Statistique Démographique : lettre # 07958/MEF/DPS, Recensement général de 2002 et SRPS 2004
La région compte une
faible
activité industrielle. Les principales unités
industrielles sont
implantées
dans la commune de Ziguinchor, capitale et éponyme de la
région : on
compte une
huilerie, trois unités de traitement des crevettes, une usine de
bois
et un
petit domaine industriel pour la promotion de la petite entreprise. Le
secteur
informel est encore caractérisé par une multitude de
micro-entreprises
dispersées et sous-équipées. Le pourcentage des
salariés est de 16,8%
et le
salaire minimum de croissance est de € 67 par mois.
Surtout pendant les dernières années, la région connaît un exode rural explosif, due à l’opposition croissante entre l’armée Nationale et des forces indépendantistees du Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (MFDC). Les jeunes, envahissant la ville, ne peuvent trouver de l’emploi et sont destinés à un chômage sans futur. Cela empêche la ville de Ziguinchor profondément de s’élever au rang de métropole d’équilibre.
Les zones humides en Casamance
La plus importante partie des zones humides est située entre 12° 20’ et 13° latitudes et 16° 50’ et 16° longitudes. Le réseau hydrographique comprend un vaste estuaire du fleuve Casamance qui prend sa source dans la zone à l’est de Kolda à 50 m d'altitude. Le plan d’eau est essentiellement constitué du fleuve Casamance d’une longueur de 350 km (dont 260 km de cours permanent) et des nombreux bolons, dont 645 km² dans le triangle Kafountine – Cap Skirring – Ziguinchor. En année humide, le module[4] annuel du fleuve est de 2.7 m³/s avec une pointe mensuelle de 32 m³/s tandis qu’en année sèche, le débit moyen annuel est de 1.7 m³/sec. Les apports du fleuve sont estimés à 60 millions de mètres cubes par an à Kolda. En raison de la faiblesse de sa pente, les eaux du fleuve sont saisonnièrement soumises à l’invasion marine jusqu’à 200 km de son embouchure. En période de basses eaux, l'eau salée remonte jusqu'à Sédhiou. En période d'étiage, de fortes concentrations de sel ont été mesurées par endroits (158g/l à Djibidjone). Ainsi, on parle d'un estuaire inverse avec des salinités qui montent en amont. Cette situation a engendré la perte de terres de culture et affecté sérieusement la production agricole. Sur son parcours, ce fleuve reçoit les eaux de nombreux affluents : Tiangol, Dianguina, Dioulacolon, Khorine, Niampampo, Soungroungrou et plusieurs bolons vers l'embouchure[5], ainsi constituant une bassin versant de 14 000 km².
Sa largeur varie de 50 m à Dianah-Malari jusqu'à 8 km à l’embouchure avec un resserrement à Ziguinchor ou le point Emile Badiane atteint 640 mètres. La profondeur du chenal diminue de 20 m à 1,5 m à Kolda et l’amplitude des marrées de 169 cm à l’embouchure jusqu’à 52 cm à Ziguinchor[6]. Le bassin drainé comprend des grands sous-bassins (Baïla : 1 645 km², Bignona : 750 km², Kamobeul : 700 km², Guidel : 130 km² et Agnack : 133 km²) avec des volumes très variables de 60 à 280 millions de m³/an. Le sol est ferrugineux et riche en matières organiques. L’agriculture y est très développée mais reste tributaire de la pluviométrie qui est très inégale dans l’espace et souvent mal répartie dans le temps (RGPH : 88:6). Ce milieu permet pourtant une riziculture en zones de mangrove datant de plusieurs siècles. Différentes formes de pêche y constituent une activité importante et génératrice de revenus non négligeables, comme d’ailleurs la cueillette (vin de palme, huîtres, sel, fruits forestiers, et cetera).
La mangrove, principalement Rhizophora racemosa et Avicennia nitida, est fortement dégradée suite aux mutilations faites aux palétuviers par les récolteurs d'huîtres et l’exploitation du bois de mangrove comme bois de chauffe et de service. En plus, le déficit pluviométrique a provoqué une salinisation des eaux de surface et des aquifères. Phénomène aggravé par une importante évaporation, passé de 1 936 mm en 1986 à 2 786 mm actuellement. A cette dégradation s’ajoute celle de l’acidification des sols de bas-fond et de la régression de la végétation naturelle de mangrove, toutes deux engendrées par la baisse régulière des nappes d’eaux, baisse qui peut atteindre quelques mètres sous le plateau. Cette acidification s’explique par le fait que les racines de mangrove à rhizophora qui favorisent l’accumulation de sulfures dans les sols, engendrent après une exondation prolongée, une acidification forte (pH 7 à < 3) et irréversible, qui conduit à la disparition progressive puis totale de la mangrove depuis l’embouchure vers l’amont en laissant la place à des sols nus et à de nouveaux tannes. Désignés sous l’appellation de sols sulfatés acides, les unités concernées comprennent dans la réalité une gamme de sols assez variés allant du sol non acide, à l’état naturel au sol très acide résultant d’un drainage à la fois brutal et profond. Les principales contraintes sont relatives à : l’excès d’eau ; la salinité ; l’acidité ; la toxicité (Al, Fe, Mn) ; la faible portance du matériau.
Cette dégradation qui est estimée à 1 500 ha/an se répercute négativement sur les productions diverses de cet écosystème, notamment de l'aire de développement et de cueillette des huîtres, crevettes, poissons, et cetera. Estimée à 150 000 ha au début des années 1980 dont 120 000 ha dans les départements de Bignona et Ziguinchor, la superficie occupée par la mangrove a été réévaluée en 1993 à 70 000 ha dont 30 000 ha classés dans le département de Bignona (PAFR/Z: 1998), tandis que les tannes occupent quelque 62 000 ha et les tannes herbacé ou herbus, halophiles 43 000 ha[7].
Un inventaire non exhaustif de l’ichtyofaune en Casamance fait ressortir 75 espèces réparties en 18 familles. Plus de 40 espèces sont de formes marines, une trentaine de formes estuariennes, 2 ou 3 dites continentales (Pandare & Capdeville : 1986, dans Badiane, 1999) avec un potentiel exploitable selon le CRODT entre 9 000 t et 14 000 t.
Le niveau d’exploitation halieutique estuarienne n‘a cependant pas été évalué en profondeur dans la région. L’approche la plus fréquente consiste à rapporter la production halieutique (qui est une fraction de la production terminale) aux «dimensions du milieu ». On utilise généralement la surface recouverte par les eaux (ce qui n‘est pas sans poser des problèmes ; voir par exemple Pagès et al., 1987, pour qui « tout calcul de morphométrie est rendu assez illusoire, en aval par les innombrables bolons, en amant par les zones inondées fréquentes »). Les seules données de surface inondées complètes que nous ayons trouvées sont celles de Brunet-Moret (1970) pour la Casamance en amont de Ziguinchor (410 km² d‘eaux libres - valeur donnée comme sûre - et, très approximativement, 400 km² de terrains inondés - mangroves, marécages, rizières). Environ 70 % des pêcheurs recensés en 1986 étaient établis dans cette région. On peut donc y estimer les captures à 7-8 000 tonnes (sur un total de 10 000 tonnes pour la Casamance estuarienne). Suivant la superficie retenue pour le milieu exploité, 400 ou 810 km², voire une valeur plus élevée, on trouve des productions inférieures ou égales à 100 kg/ha/an, jusqu‘à 200 kg/ha/an au maximum. Si l’on rapproche ces chiffres des productions par ha/an relevées, par Kapetsky (1984) pour 106 milieux saumâtres peu profonds, ces valeurs sont relativement élevées puisque des productions supérieures à 100 kg/ha/an ne sont observées que dons 35 % des cas. Ce point de repère de 100-200 kg/ha/an indique une exploitation déjà intensive dans cette zone, mais pas nécessairement saturée[8].

L’importance de l’accès aux terres de plateau
La sécheresse et la monétarisation ont entraîné une diversification au sein de l’unité de production. Un élément important de différenciation des stratégies de production paysannes est lié à la possibilité d’accès aux terres de plateau. L’accès aux terres de plateau et l’utilisation de pratiques culturales qui en facilitent l’exploitation ont permis aux zones du Nord et du Nord-Est de la région de mieux s’adapter aux cycles de sécheresse. Par contre, dans le Sud où l’accès au plateau est limité, l’accent a été mis sur l’accroissement des bonnes rizières, l’artisanat, la cueillette et le développement de spéculations maraîchères. (Posner, Sall : 1985). Cette diversification a entraîné à son tour des fractures dans la cohésion sociale et productive. Certains ont choisi une production plus lucrative sur les terres des plateaux ou la pêche au détriment de la riziculture des bas-fonds. Ainsi de grandes parties des digues de ceinture ne sont plus entretenues et ceux qui continuent à cultiver doivent faire un plus grand effort pour protéger leurs parcelles. Une analyse entre la pluviométrie et les surfaces cultivées en riz montre une dépendance beaucoup plus importante dans le Département de Oussouye où les populations n’ont pas accès aux cultures de plateau. Les populations du Département de Bignona se lancent plus dans les cultures de plateau en périodes sèches. On peut en conclure que la sécheresse n’a beaucoup plus d’impact sur les populations qui n’ont pas accès aux terres de plateau. En conséquence, les rizières de bas-fonds, les bassins piscicoles et autres ressources naturelles de cet écosystème humide représentent pour ces populations une valeur bien supérieure que ce même environnement a pour les populations dans le reste de la région.
La dégradation des sols de bas-fonds a des conséquences directes pour les populations. Effectivement, la baisse des nappes phréatiques a permis l’oxygénation des sols, et l’oxydation de la pyrite en acide sulfurique et fer ferrique. Il en résulte une forte baisse du pH du sol (jusqu’à 1,5-2 localement) et la précipitation d’un sulfate ferrique, la jarosite, de couleur jaune pâle. Ces deux caractères permettent d’identifier les sols sulfatés acides. C’est pour éviter leur formation que l’on exclut le drainage des sols de mangrove, interdisant ainsi leur dessalement en période sèche. En outre, un phénomène nouveau et apparemment relativement rare est intervenu. Des mangroves anciennes, enfouies sous des alluvions en bordure des vallées, dessalées pendant la phase humide, ont été asséchées et ont libéré de grandes quantités d’aluminium échangeable (fixé sur les argiles) et soluble. Contrairement à la jarosite, très peu soluble, les sulfates d’aluminium sont, en milieu acide, solubles et donc mobiles. Ils forment le long de certaines vallées des croûtes blanches précipitées à la limite des terrasses. Les pluies lessivent ces croûtes vers les marigots et les eaux deviennent acides (J.Y. Le Brusq dans Le Reste L, A. Fontana et A. Samba (eds), 1986 – L’estuaire de la Casamance).

Données : DAT/USaid :
1985 ;
FAO : 1991 et 1995 ; PSACD : 1996.
|
Forêts |
210 000 ha |
29% |
|
Savane |
50 140 ha |
7% |
|
Prairies |
8 760 ha |
1% |
|
Mangroves |
70 000 ha |
10% |
|
Tannes |
61 500 ha |
8% |
|
Vallées dégagées |
111 700 ha |
15% |
|
Cultures sèches & jachères |
158 400 ha |
21% |
|
Eaux de surface |
63 400 ha |
9% |
|
|
733 900 |
100% |
|
Plans d’eau selon le département |
|
|
Bignona |
38 760 ha |
|
Ziguinchor |
9 580 ha |
|
Oussouye |
14 760 ha |
|
|
73 100 ha |
source : Harza, 1982
Données : Direction Régionale du Développement Rurale de Ziguinchor, 05/04/2006
Les populations
Au plan ethnique, les Diola sont largement majoritaires (61%). Les autres ethnies les plus représentées sont les Mandingue et les Poular (9,3% et 8,8% respectivement). Les villages Diola sont grands (entre 500 et 7 000 habitants) et se caractérisent par une grande autonomie politique, économique et religieuse. Ils sont endogames et les relations entre eux, limitées au minimum, sont souvent hostiles. L’enjeu étant le bétail, les prisonniers de guerre (qui sont la plupart du temps troqués contre du bétail) et l’accès aux rizières (Roche, 1973 :33+ ; Pelissier, 1966 :673+). Ce passé caractérise, d’une façon ou autre, jusqu’aux nos jours les relations entre les villages.
La riziculture domine tout le calendrier agraire. Le riz est uniquement utilisé pour l'autoconsommation. C'est seulement après la récolte du riz qu'il y a le temps pour des activités rémunératrices. Ceci est valable aussi bien pour l'homme que pour la femme. En ce qui concerne les produits halieutiques, la femme détient, depuis des siècles, toute la filière de l'exploitation de l'huître et la transformation des poissons, tandis que l'homme Diola s'est lancé dans la pêche artisanale autour du village. La pêche constitue aujourd’hui l’une des premières activités économiques de la région. La pêche en mer s’est développée avec l’arrivée de pêcheurs venus du Nord : Sérères Niominka (îles de Saloum), Guet-Ndariens (Saint-Louis) et Lébou (Dakar). Dans l’estuaire, la pêche s’est développée à la fin des années 40 et au début des années 50 avec l’arrivée de pêcheurs Toucouleurs et Walo-walo, venu du fleuve Sénégal, qui introduisent l’usage des filets dérivants et de la senne de plage. Leur arrivée coïncide avec le développement de l’industrie de transformation et de commercialisation du poisson fumé. A partir de 1960 l’essor de la pêche crevettière, grâce à l’installation d’usines de traitement à Ziguinchor, provoque l’arrivée de nouveaux pêcheurs Toucouleurs et la conversion de nombreux pêcheurs de poissons à la pêche à la crevette (Le Reste, L, et al. :1992).
Malgré l’exode rural, l’immigration des professionnels de pêche et d’autres activités, saisonnières ou non, a provoqué une charge énorme sur les richesses naturelles de la région ce qui c’est surtout manifesté au détriment des produits estuariens. Sur terre et sur mer les populations indigènes doivent se replier de plus en plus sur l’environnement direct de leur habitat où l’impact des activités allochtones devient plus manifeste chaque jour.
[1] PRAESC, juin 2004 par Buursink pour la banque Mondiale
[2] Ibrahima Mamadou Mat Dia (UICN : 2003), Elaboration et mise en œuvre d'un plan de gestion intégrée - La Réserve de biosphère du delta du Saloum, Sénégal
[3] voir tout sur le riz : http://www.fao.org/rice2004/
[4] Le module spécifique ou relatif fournit le débit par km² de bassin ©LaRousse
[5] PRAESC, juin 2004 par Buursink pour la banque Mondiale
[6] Brunet-Moret, 1970
[7] PRAESC, juin 2004 par Buursink pour la banque Mondiale
[8] citations Emmanuel Charles-Dominique dans MC Cormier-Salem ,1994 : Rivières du Sud
