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  projet ostréiculture huitres

Longtail : propulsion Aziatique en Afrique
Projet de désenclavement des villages dans les zones humides de la Casamance

Avancement du projet
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La zone du projet
La région de Ziguinchor est située au sud de la République du Sénégal. D’une superficie de 7 339 km², sa population est évaluée à 398 337 habitants au Recensement Général de la Population et de l’Habitat de 1988 [RGPH:88], soit une densité moyenne de 54 hbts/km². Le climat est de type Soudano-guinéen: chaud et humide. Il est caractérisé par une longue saison sèche et une saison des pluies abondantes [juin à octobre]. La pluviométrie varie entre 700 et 2 200 mm par an.

La région est à prédominance agricole. La culture de riz est la plus pratiquée. L’agriculture, l’élevage et la pêche ne représentent que 7,2% des revenus monétaires dans le monde rural, mais jouent un grand rôle dans l’autoconsommation.

L’évolution de la population au cours des quinze dernières années [recensements de 1976 et 1988] montre une forte progression de la population urbaine [38% contre 30% en 1976] avec un taux de croissance trois fois plus élevé que celui de la population rurale. Cette urbanisation accélérée est lié à l’émigration des ruraux en corrélation avec la crise vivrière et aussi à l’installation de populations venues du nord. Surtout pendant les dernières années, la région connaît une exode rurale explosive, due à l’opposition croissante entre l’Armée Nationale et des forces indépendantistes. Les jeunes, envahissant la ville, ne peuvent trouver de l’emploi et sont destinés à un chômage sans futur. Cela empêche la ville de Ziguinchor profondément de s’élever au rang de métropole d’équilibre.

Tableau 1: Urbanisation
Département
Population urbaine
Population rurale
Ensemble
 
1976
1988
1976
1988
1976
1988
Bignona
14.507
22.586
136.920
161.221
151.427
184.807
Oussouye
2.482
3.921
25.642
33.177
28.124
37.098
Ziguinchor
69.646
123.522
42.435
52.910
112.081
176.432
 
86.635
150.029
204.997
248.308
291.632
398.337
Source: [RGPH:1988]

La région compte une faible activité industrielle. Les principales unités industrielles sont implantées à Ziguinchor: on compte une huilerie, trois unités de traitement des crevettes [toutes fermées à l’heure actuelle], une usine de bois et un petit domaine industriel pour la promotion de la petite entreprise. Le secteur informel est encore caractérisé par une multitude de micro-entreprises dispersées et sous-équipées.
 
 
 
 

L’estuaire du fleuve Casamance

Les sources de la Casamance sont situées près de Fafacourou, entre Kolda et Vélingara. Le fleuve proprement dit s’étire sur 350 km, avec une pente très faible et avec un débit d’eau douce très limité. Les apports d’eau douce de ses affluents, tels le Soungrougrou, le Diouloulou sont pratiquement inexistants. La faiblesse des pentes favorise les remontées d’eau marines. La Casamance est soumise à de très importants courants de marée et y s’ajoutent une forte évaporation. En réalité, ces zones côtières humides sont un estuaire inverse : la salinité en aval est bien supérieure à celle qu’on mesure à l’embouchure [parfois 160 pro mille contre 35 pro mille ].

La Casamance est la région la plus humide du Sénégal, avec une précipitation moyenne à Ziguinchor de 1394 mm par an pendant l’époque 1918-1995. Du début des années soixante-dix, la pluviométrie a diminuée d’une façon catastrophique. Dans la période 1970-1995 la pluviométrie annuelle était 1138 mm, ce qui est 34% plus basse que la pluviométrie moyenne de 1522 mm pendant l’époque 1918-1969. Avant 1970, les années avec une précipitation plus haute de 2000 mm étaient assez fréquentes. Après 1970, la pluviométrie annuelle maximale atteignit seulement 1512 mm, ce qui signifie une réduction de 25%. Parallèlement, la fréquence des années avec moins de 1000 mm de pluie a augmentée, donnant moins des possibilités à la nature de se recouvrir après une époque de sécheresse extrême.

C’est clair qu’une réduction de la pluie annuelle moyenne de 34% doit avoir des fortes conséquences sur l’écologie et sur la production agricole. Bien qu’on a toujours eu des années sèches, les années consécutives avec des pluies abondantes sont devenues de plus en plus rares. l’Écosystème estuarien de la Casamance a besoin des époques pluvieuses pour maintenir sa diversité et sa productivité. Aujourd’hui, plusieurs paramètres indiquent la dégradation du milieu estuarien. Surtout la culture dominante est affectée : la risciculture dans les bas-fonds.

Avant 1970, un équilibre dynamique s’était établi entre d’une part l’accumulation des sels marins dans le milieu et l’évaporation au cours de la saison sèche, et d’autre par l’élimination de ces sels par les pluies d’hivernage. Cet équilibre se traduisait par un niveau moyen de salinité permettant la croissance des palétuviers et la riziculture dans les mangroves dessalées temporairement en hivernage. Depuis le début de la phase de sécheresse en 1970, le lessivage des sels par les pluies a décru, tandis que la période d’évaporation s’allongeait avec la saison sèche.

Ce phénomène a perturbé l’équilibre social dans les villages. La riziculture en zones de mangrove exige beaucoup de labeur [construction et entretien des digues; retournement des sols avec le " kayendo ", etc.] et il s’y ajoute que les rizières ne sont pas abondantes. Pour l’Afrique, plutôt caractérisée par une culture de " slash and burn " ou les terres n’ont presque pas de valeur, cela est une exception. En Casamance, le manque de bonnes rizières et le labeur nécessaire, leur donne une valeur importante. Avec la sécheresse, certains ont choisis pour une production plus lucrative sur les terres des plateaux ou la pêche au détriment de la riziculture des bas-fonds. Ainsi des parties des grandes digues ne sont plus entretenues et ceux qui continuent à cultiver doivent faire un plus grand effort pour protéger leurs parcelles.

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Tableau 2: utilisation de la surface
 
 
Bignona
Ziguinchor
Oussouye
 
hectares
%
hectares
%
hectares
%
Forets
160.170
30
37.790
33
13.060
15
Savane
35.820
7
8.600
7
5.720
6
Prairies
4.620
1
-
-
3.780
4
Mangrove
95.200
18
10.940
9
25.360
28
Vallées défrichées
69.930
13
22.290
20
19.420
22
Culture de plateau
125.000
24
26.100
23
7.300
8
Surface d’eau
38.760
7
9.580
8
14.760
17
Total
529.500
100
115.300
100
89.400
100
Source: Harza engineering company international ; nov. 1982
Master plan of agricultural development of the lower Casamance area

Les produits de rente

Ainsi les cultures de rente deviennent de plus en plus importantes dans les villages. Les femmes s’occupent des produits artisanaux tels de la vannerie, poterie, etc. ou des produits de maraîchage. Elles collectionnent le sel, les huîtres et autres coquilles. Elles transforment les produits halieutiques. Les hommes se lancent dans la chasse, la pêche, le vin de palme, le miel, etc.

Tous ces produits doivent être écoulés sur les marchés locaux. Le transport se fait surtout par le fleuve dans les pirogues propulsées par des moteurs hors-bord. Mais l’acquisition de ces moteurs est chère, comme l’entretien. La durabilité n’excède pas les trois ans et les gens n’ont pas les recours financiers pour le remplacement. Ces gens seront contents avec des moteurs plus viables, durables et économiques. Tout le monde connaît le moteur diesel de voiture, donc pourquoi pas essayer le système ‘longtail’, comme au Thaïlande.
 
 

Tableau 3 : Partage du travail selon le sexe
 
Sais on Mois Particularité Femmes Hommes 
Houlé février/mai saison sèche
  • commerce
  • transport fumier
  • maraîchage
  • piller du riz
  • vin de palme
  • travaux villageois
  • construction maison
  • entretien général
  • Bouling juin/juillet premières pluies
    • collecte de bois
    • collecte engrais
    • préparation pépinières
    • collecte de sel
  • labour kadiandou
  • défrichage
  • pêche
  • Houli août/septembre saison humide
    • repiquage
  • labour kadiandou
  • Boughit octobre/novembre fin des pluies
    • haricots
    • préparation commerce
     
    Kouagène décembre/janvier récolte de riz
    • récolte de riz
    • récolte des haricots
  • vin de palme
  • pêche
  • Source: Eichelsheim, et al ; 1997:11

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    Le ‘longtail’

    Depuis longtemps la Thaïlande connaît les bateaux ‘longtail’. Ces pirogues en bois sont propulsées par un moteur diesel de voiture ou même de camion ou bien par des moteurs de motopompe. L’hélice est montée sur un bras de quelques mètres de longueur ce qui permet de soulever l’hélice facilement hors de l’eau et de traverser des endroits peu profonds. Avec quelques adaptations, ce système semble être la solution pour le transport fluviale de la Casamance.

    IDEE Casamance veut faire construire une pirogue par des artisans locaux et selon les techniques traditionnelles. Au lieu de monter un hors-bord nous allons installer un moteur diesel avec un bras d’hélice long à l’extérieur. Pendant une période de six mois nous allons l’essayer et l’adapter. Une fois l’adaptation faite, IDEE Casamance veut faire la publicité pour cette technique et inviter les intéressés à bord pour des promenades.

    Après avoir sensibilisé les intéressés, la technique est documentée et mise à la disposition de tout le monde. Le bateau sera remis à un projet de femmes productrices d’huîtres et servira encore longtemps d’enseigne publicitaire pour le ‘longtail’.

    Le budget
     
      Quantité Prix/Unité Francs cfa Florins
    construction pirogue 1
    2.500.000
    2.500.000
    8.500
    moteur diesel 1
    1.200.000
    1.200.000
    4.080
    montage: jour 8
    50.000
    400.000
    1.360
    matériel montage  
    300.000
    300.000
    1.020
    gilet de sauvetage 20
    20.000
    400.000
    1.360
    accessoires  
    225.000
    225.000
    765
    ancre 2
    15.000
    30.000
    102
    pilote : mois 6
    65.000
    390.000
    1.326
    carburant : litre 3000
    260
    780.000
    2.652
    publicité  
    250.000
    250.000
    850
    documentation  
    250.000
    250.000
    850
    divers  
    200.000
    200.000
    680
    TOTAL    
    6.925.000
    23.545
    100 F cfa = 1 FF = 0,34 Florins

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