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séminaire
sur les Zones Humides février/mars 2003 |
| Le programme 2004 - 2006 activité
7231 DAK0020688 s'articule autour de trois axes : AXE 1 : La revalorisation de bassins piscicoles traditionnels en Casamance ; AXE 2 : Assistance technique aux femmes productrices d'huîtres ; AXE 3 : Gestion concertée et communautaire des zones humides. Financement par intermediaire de l'ambassade du Royaume des Pays-Bas à Dakar |
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© IDEE Casamance 2007
AXE 2 : Assistance
technique et appui aux cueilleuses d’huîtres
Le
projet a démarré le 01 novembre 2000 pour une
durée de trois ans et sur
financement de CORDAID, Pays-Bas pour un montant de € 88.916,16.
Les objectifs
principaux
sont :
·
La
protection des palétuviers et de l'environnement mangrovien par
la diminution
de la coupe abusive des racines de palétuviers ;
·
Une
augmentation de la sécurité alimentaire dans les villages
en zones de mangrove ;
·
Un
appui aux activités génératrices de revenus des
femmes ;
·
Une
adaptation et amélioration des techniques ancestrales de la
cueillette des
huîtres ;
·
Faciliter
aux femmes l'accès aux nouvelles techniques d'exploitation des
ressources
naturelles.
Les
activités envisagées
sont :
·
Appui
technique pour améliorer le captage et le grossissement des
huîtres par :
-
captage
sur guirlandes de coquilles, attachées aux structures en
bambou ;
-
captage
sur piquets de bambou, niaouli et rônier ;
-
captage
sur collecteurs Intercoop ;
-
grossissement
sur guirlandes de coquilles, attachées aux structures de
bambou ;
-
grossissement
à même le sol ;
-
grossissement
dans les poches posées ou accrochées aux structures en
bambou.
·
Essais
d’un repeuplement du stock des huîtres par :
-
captage
des naissains dans les zones d’abondance ;
-
transférer
les géniteurs en zones abandonnées ;
-
captage
des naissains à proximité des géniteurs.
·
Diversification
des activités génératrices de revenus pour les
femmes :
-
formation
en batik et transformation des fruits (confiture, jus) ;
-
formation
en gérance.
Les
activités réalisées
sont :
·
Appui
aux femmes dans les villages de Essaout, Djivente, Badiate, Niaguis,
Boutégol,
Tendouck, Thionck-Essyl et Tiobon ;
·
Implantation
de sites tests à Tobor, Niaguis, Ziguinchor et Tendouck ;
·
Captage
de géniteurs à Katakalousse, Ziguinchor, Niaguis et
Tendouck ;
·
Repeuplement
dans les zones de Tiobon et Thionck-Essyl ;
·
Formation
des femmes ciblées (entre 30 et 50 par village) ;
·
Formation
d’animateurs résidents (souvent des jeunes du village qui sont
introduits dans
les différents aspects de suivi et de récolte de
données).
Nous avons
demandé et
obtenu une prolongation dans le cadre de l’Activité 7231
DAK0020688 sur les
bases suivantes :
·
Période
d’intervention trop courte pour atteindre les objectifs ;
·
Il
faut plus de temps pour introduire l’activité dans le calendrier
agricole des
femmes ;
·
Le
problème de changer une activité de cueillette en une
activité d’élevage est
l’adaptation et l’adoption des activités préparatoires et
d’entretien, ce qui
demande un changement de mentalité ;
·
L’importante
place que occupe la cueillette d’huîtres pour une certaine
catégorie de femmes,
qui sont les plus démunies ;
·
Les
résultats encourageants dans les conditions de travail et
l’impact sur les racines
de palétuviers.
L’activité
ostréicole
en Casamance
En
Casamance, l’exploitation des huîtres, depuis la cueillette
jusqu’à la vente,
est une filière exclusivement féminine et une
activité traditionnelle des
femmes Diola. Il est estimé qu’entre 2 000 et 4 000 femmes
s’adonnent à cette
activité.
Les
huîtres vivent à l’état naturel,
grégairement, sur les racines échasses des
palétuviers découvertes à marée basse. La
cueillette se fait après la récolte
du riz en février et s’arrête en mai quand les travaux
rizicoles doivent
commencer. En général, les huîtres sont bouillies
ou grillées et, une fois
qu’elles sont ouvertes, la chair est mise à sécher au
soleil.
Les
femmes exploitantes d’huîtres forment un groupe bien
typique : le travail
laborieux et les sorties dictées par les marées ne
permettent pas toujours
d’avoir des responsabilités exigeantes au foyer. Ainsi, la
plupart des femmes
ont soit atteint un certain âge, ont une co-épouse ou sont
des veuves. Notre
enquête, se portant sur 30 femmes dans huit villages, soit un
ensemble de 240
femmes exploitantes d’huîtres, donne le résultat suivant
suivant :
|
Répartition
des femmes selon l’âge |
||
|
Age des femmes |
Nombre |
% |
|
20 – 25 ans |
10 |
4,1 |
|
25 – 30 ans |
11 |
4,6 |
|
30 – 35 ans |
15 |
6,2 |
|
35 – 40 ans |
28 |
11,7 |
|
40 – 45 ans |
36 |
15 |
|
45 – 50 ans |
23 |
9,6 |
|
50 – 55 ans |
30 |
12,5 |
|
55 ans et plus |
87 |
36,3 |
|
|
240 |
100% |
|
Répartition
des femmes selon la situation matrimoniale |
||
|
Situation
matrimoniale |
Nombre |
% |
|
Monogames |
70 |
29,1 |
|
Polygames 1ère
épouse |
18 |
7,5 |
|
Polygames 2e épouse |
9 |
3,8 |
|
Polygames 3e épouse |
6 |
2,5 |
|
Polygames 4e épouse et plus |
0 |
0 |
|
Célibataires |
32 |
13,3 |
|
Veuves |
98 |
40,9 |
|
Divorcées
|
7 |
2,9 |
|
|
240 |
100% |
Selon
Cormier-Salem (1992), la quantité d’huîtres
prélevées dans la mangrove est
comprise entre 1 000 et 20 000 tonnes oubien entre 2 et 30 millions de
douzaines d’huîtres. Le produit transformé est en premier
lieu destiné à
l’autoconsommation. Même si on propose aux femmes les
possibilités d’autres
gains pécuniaires avec l’introduction d’activités
génératrices de revenus,
elles se disent obligées de continuer à consacrer une
partie de leur temps à la
cueillette. Ce qui montre l’importance vivrière de
l’huître et l’échec
prévisible d’une assistance exclusivement axé sur la
commercialisation du
produit.
Le
problème majeur est la coupe abusive des racines de
palétuviers qui accompagne
la cueillette des huîtres. Pour diminuer cette coupe abusive, le
projet s’est
fixé comme objectif :
Dans
cette perspective, les séances de formation en activités
génératrices de
revenus sont aussi utilisées pour la sensibilisation et
l’information du groupe
cible.
Les
réalisations du
programme 2004-2006
L’année
2004 doit être perçue comme période
d’activités prorogées du projet CORDAID,
tandis que 2005 sera l’année des grands changements et 2006
celle de
l’approfondissement de la nouvelle stratégie d’approche. Le
tournant étant
marqué par la visite de l’expert conchylicole M. Marnix van
Stralen du 14 au 21
janvier 2005 qui soulignait la difficulté d’installer une
activité d’élevage
d’huîtres adoptable par les femmes et couvrant toute la
région.
L’année
2004
Les
expériences de 2004 et des années antérieures ont
permis de maîtriser les
techniques appropriées de captage et de grossissement, ainsi que
les zones
adaptées aux différentes techniques. Contrairement
à plusieurs observateurs,
les quelque 255 femmes participantes n’étaient pas
utilisées durant cette
période comme simple main d’œuvre ou cobaye. Comme prévu
et mentionné dans nos
rapports, les réunions de travail et de formation sont
utilisées pour des
séances d’information, de sensibilisation, de conscientisation
et de
renforcement de capacités. Des GIE sont formés, des
bureaux élus et des
formations en gestion données. Une diversification des
activités génératrices
de revenus des femmes s’est installée par les formations en
activités
génératrices de revenus comme le batik, le savon, la
transformation des fruits,
la poterie et autres. Ainsi, le potentiel de l’activité
ostréicole et ses
limites régionales sont analysés, ainsi que l’orientation
du développement de
l’entreprenariat féminin dans les zones humides en Casamance.
Nos
interventions durant cette année n’ont pas permis d’installer
une implication
dynamique des femmes dans les activités ostréicoles.
Elles n’ont jamais jugé
utile d’entamer des travaux préparatoires qui peuvent seulement
assurer une
récolte après un ou deux ans. Elle demandent alors une
forte récompense.
Quoique cette attitude mette en péril la durabilité de
l’intervention, le plus
grand obstacle était l’introduction de ces activités
préparatoires dans leur
calendrier agricole. Sans rémunération, ces
activités se sont avérées ne pas
être réalisables.
L’année
2005
L’approche
depuis 2005 est marquée par la conception que l’activité
ostréicole ne peut
devenir rentable que par une initiative privée ou soutenue par
des fonds
extérieurs. L’investissement doit permettre à une
équipe restreinte de jeunes
et/ou femmes d’être active durant toute l’année dans le
site de production. Le
captage ne pose pas de problème et le grossissement peut se
faire dans 18 mois.
Puisque le marché de Dakar est déjà saturé
par l’apport des GIE ostréicoles du
Sine Saloum, il faut trouver de nouveaux débouchés pour
l’huître fraîche ou
viser le marché local avec une grande production de moindre
qualité mais à un
prix abordable.
En
même temps, l’accent est mis sur les activités
génératrices de revenus et les
réunions de formation. La diversification des activités
génératrices de revenus
encourage l’installation d’un entreprenariat féminin et diminue
ainsi la
pression anthropique sur la cueillette des huîtres. Les
réunions de formation
sont utilisées pour encourager et promouvoir la cueillette
sélective des
huîtres sauvages. Ce procédé cueillette consiste
à enlever les plus grandes
huîtres de leur support naturel avec du matériel
adapté (gants, fourche en
bois, couteaux et autres) laissant les jeunes huîtres pour
l’année suivante.
Ainsi, le stock naturel est exploité à tour de rôle.
Les
séances de formation en activité
génératrice de revenus sont aussi utilisées
pour sensibiliser et pour organiser des activités
environnementales communes,
comme le reboisement et l’éducation à l’environnement.
L’année
2006
Les
activités menées cette année sont une confirmation
du changement engagé l’année
précédente. Avec bottes, gants et couteaux, les femmes se
sont limitées à une
cueillette sélective. La formation en activités
génératrices de revenus a pris
l’ampleur voulue et acquis les résultats escomptés :
une exposition d’une
grande diversité de produits à une foire artisanale et
une vente importante de
produits dans les villages. On peut nommer le batik, la fabrication de
savon et
la poterie. Cela a permis aux femmes d’avoir accès au micro
crédit et de
rembourser déjà plusieurs emprunts reçus.
Durant
cette année quelque 98 000 propagules du palétuvier
Rhizophora racemosa
ont emblavé 124 000 m² de terre
nue dans 13 villages.
Il
nous est difficile de donner des chiffres fiables sur l’impact de la
cueillette
sélective des huîtres sauvages. Mais ce qui est sûr,
c’est que la notion
« mangrove » s’est répandue dans la
région.
Conclusions
L’activité
ostréicole menée par IDEE Casamance est basée sur
les expériences du projet Ostréicole
de Coopération entre la République du
Sénégal et la République de Chine
(Taiwan), initié en 1996. Ainsi elle conceptualise la politique
Nationale qui
cherche à développer l’activité aquacole et initie
des activités de sauvegarde
de la biodiversité par les populations. Le potentiel de
l’activité ostréicole
en Casamance et les techniques d’élevage utilisées sont
issus des pratiques
techniques menées par le CRODT en collaboration avec les
Taiwanais.
Les
moyens limités mis à notre disposition n’ont pas permis
de nouer des relations
durables avec la recherche, même si l’insécurité de
la région en soit aussi une
cause. Dans la conception de IDEE Casamance, les innovations doivent
être
simples et facilement adaptables. Le transfert des nouvelles
technologies n’a
donc jamais été l’obstacle majeur.
L’importance
de l’huître en fait un véhicule de choix pour transmettre
un message aux
groupes cibles. Même si IDEE Casamance n’est pas arrivé
à imposer une
production ostréicole avec des nouvelles technologies, l’image
de la mangrove
et son rôle primordial pour la sauvegarde de la
biodiversité s’est largement répandu
dans toute la région. Les activités
environnementales communes comme le reboisement ont suscité
beaucoup
d’enthousiasme parmi les populations riveraines. Bien que l’objectif de
substitution de la cueillette par ablation des racines par
l’élevage d’huîtres ait
échoué, les autres ont largement été
atteints.
Pour en savoir plus sur les expériences de IDEE Casamance